L’OEFM travaille en réseau avec 31 pays, la
Commission européenne et plusieurs organisations
internationales, au renforcement de la place et du rôle
des ressources vitales montagnardes, aussi bien dans
l’économie locale que dans la société
tout entière. Après avoir reçu en 1998 de la
main des ministres européens, la responsabilité de
la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de
la Conférence ministérielle des forêts -
Résolution dite S4 sur les forêts de montagne (1) -
l’OEFM a mis autour de la table les 31 pays signataires
de la S4. Il était alors nécessaire de
dégager, via l’analyse commune des forces et
faiblesses, des axes prioritaires d’action qui
restent d’actualité. Ces priorités concernent
la participation effective de tous les acteurs du
développement forestier ; l’établissement
de contrats territoriaux de gestion de l’espace naturel
montagnard engageant les acteurs ; le soutien aux zones
en difficulté par des mesures de correction des
handicaps et d’entraînement au
développement ; mais encore la promotion de la
qualité des produits et des services liés à la
forêt de montagne ; enfin, la définition
d’outils adaptés d’aménagement forestier
multifonctionnel.
Identifier et négocier
Le Livre Blanc rédigé à partir des
synthèses et propositions recueillies et
présenté en 2000 à la Commission a fait son
chemin et a été soutenu par cette dernière en
raison, entre autres, de la démarche liée à la
participation des acteurs de terrain avec des
propriétaires privés et communaux. Ce sont, par
ailleurs, les communes forestières qui
s’étaient impliquées en 1990 au sein de la
Fédération Européenne des Communes
Forestières (FECOF), qui sont à l’origine de
l’OEFM en 1996.
A la suite du travail engagé pour la publication du
Livre Blanc, il est apparu indispensable de disposer
d’un moyen d’identification commune et de
négociation entre acteurs et pas uniquement ceux du
secteur forestier. En effet, bien que diversifiées
à travers l’Europe, les forêts de montagne
partagent des problématiques communes, essentiellement
liées aux difficultés socio-économiques. Elles
sont aussi et surtout des lieux d’anticipation des
situations que l’on retrouve dans d’autres
territoires quelques années après.
Un outil d’évaluation
Il a été décidé au niveau européen,
avec un soutien du ministère français en charge de
la forêt et de l’ONF, d’établir un
ensemble d’indicateurs de caractérisation
destinés à être utilisés par des acteurs
divers dans le cadre de négociations plus ouvertes et
plus claires. Il ne s’agit pas uniquement de
s’adresser à des techniciens du secteur forestier,
qui n’ont d’ailleurs pas besoin d’outils
supplémentaires, mais de mettre à disposition de
tous, notamment les élus locaux, les propriétaires,
les analystes et les décideurs, des éléments
d’évaluation.
En 2004, en accompagnement de la démarche de
l’OEFM, la Commission européenne, DG de la
Politique Régionale, a réalisé un
premier outil de synthèse d’informations et de
données sur les zones de montagne de l’Union. Il
est apparu évident de réunir d’une part des
indicateurs « forêt » et
d’autre part des données
« montagne ». Il s’agit de chiffres,
cartographies et images liés aux territoires
(géographie, géo-morphologie, environnement), mais
aussi des données économiques et sociales. Pour une
grande partie, les informations rassemblées sont à
l’échelle de la commune (NUTS5, selon la
classification européenne).
Après la première phase d’élaboration en
2005, il s’agit aujourd’hui de mettre à
disposition une plateforme commune de lecture simple et
efficace concernant les forêts de montagne. Les
applications possibles sont nombreuses et diverses. La
première est une visualisation comparative et
synthétique permettant de mettre l’accent sur les
caractéristiques propres, les difficultés
permanentes et les atouts de ces forêts, et ceci à
l’échelle municipale. La deuxième est la
déclinaison chiffrée d’actions locales
liées aux territoires de montagne, tels les contrats,
les plans, les schémas d’ensemble. A titre
d’exemple, le massif alpin français et italien qui
a engagé une action dans un cadre de développement
local et de coopération transfrontalière à
long terme.
Cet outil d’évaluation européen
représente avant tout pour chacun de nous la
possibilité d’accéder pour la première
fois à l’échelle communale à un
système permettant d’appréhender, de
débattre et de décider sur une base commune à
la fois ancrée au local et liée à
l’Europe.
Pier Carlo Zingari
Contacts :
Téléphone ++33 (0)4 79 33 49 52)
(1) La résolution S4 a été
votée par la conférence
interministérielle : 31 pays et la commission
européenne en sont signataires. En se fondant sur la
richesse écologique des écosystèmes
montagnards et de leurs spécificités, cette
résolution prévoit de mobiliser en commun des
moyens afin d'atteindre divers objectifs comme
déterminer par unité géographique des facteurs
environnementaux et sélectionner des actions à
cette échelle, établir une cartographie
écologique à l'échelle des vallées ou
bassins, réaliser des banques de données
nationales, améliorer l'appréhension des
interactions entre cycles hydrologique, flore, sol et
géologie, établir des schémas de financement
complémentaire là où les revenus forestiers
sont insuffisants à couvrir les coûts de la
sylviculture.