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Sauf mention contraire, les articles et brèves publiés sur ce site sont rédigés par Louisette Gouverne Agence45.presse.

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Se focaliser sur les forêts de montagne - mars 2006

Depuis dix ans, le travail de l’Observatoire européen des forêts de montagne (OEFM) tend à rendre plus visibles les 32 millions d’ha de forêts de montagne du Vieux Continent avec leurs rôles dans les territoires, leurs acteurs et leurs difficultés.
 
L’OEFM travaille en réseau avec 31 pays, la Commission européenne et plusieurs organisations internationales, au renforcement de la place et du rôle des ressources vitales montagnardes, aussi bien dans l’économie locale que dans la société tout entière. Après avoir reçu en 1998 de la main des ministres européens, la responsabilité de la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de la Conférence ministérielle des forêts - Résolution dite S4 sur les forêts de montagne (1) - l’OEFM a mis autour de la table les 31 pays signataires de la S4. Il était alors nécessaire de dégager, via l’analyse commune des forces et faiblesses, des axes prioritaires d’action qui restent d’actualité. Ces priorités concernent la participation effective de tous les acteurs du développement forestier ; l’établissement de contrats territoriaux de gestion de l’espace naturel montagnard engageant les acteurs ; le soutien aux zones en difficulté par des mesures de correction des handicaps et d’entraînement au développement ; mais encore la promotion de la qualité des produits et des services liés à la forêt de montagne ; enfin, la définition d’outils adaptés d’aménagement forestier multifonctionnel.

Identifier et négocier
Le Livre Blanc rédigé à partir des synthèses et propositions recueillies et présenté en 2000 à la Commission a fait son chemin et a été soutenu par cette dernière en raison, entre autres, de la démarche liée à la participation des acteurs de terrain avec des propriétaires privés et communaux. Ce sont, par ailleurs, les communes forestières qui s’étaient impliquées en 1990 au sein de la Fédération Européenne des Communes Forestières (FECOF), qui sont à l’origine de l’OEFM en 1996.
A la suite du travail engagé pour la publication du Livre Blanc, il est apparu indispensable de disposer d’un moyen d’identification commune et de négociation entre acteurs et pas uniquement ceux du secteur forestier. En effet, bien que diversifiées à travers l’Europe, les forêts de montagne partagent des problématiques communes, essentiellement liées aux difficultés socio-économiques. Elles sont aussi et surtout des lieux d’anticipation des situations que l’on retrouve dans d’autres territoires quelques années après.
 
Un outil d’évaluation
Il a été décidé au niveau européen, avec un soutien du ministère français en charge de la forêt et de l’ONF, d’établir un ensemble d’indicateurs de caractérisation destinés à être utilisés par des acteurs divers dans le cadre de négociations plus ouvertes et plus claires. Il ne s’agit pas uniquement de s’adresser à des techniciens du secteur forestier, qui n’ont d’ailleurs pas besoin d’outils supplémentaires, mais de mettre à disposition de tous, notamment les élus locaux, les propriétaires, les analystes et les décideurs, des éléments d’évaluation.
En 2004, en accompagnement de la démarche de l’OEFM, la Commission européenne, DG de la  Politique Régionale, a réalisé un premier outil de synthèse d’informations et de données sur les zones de montagne de l’Union. Il est apparu évident de réunir d’une part des indicateurs « forêt » et d’autre part des données « montagne ». Il s’agit de chiffres, cartographies et images liés aux territoires (géographie, géo-morphologie, environnement), mais aussi des données économiques et sociales. Pour une grande partie, les informations rassemblées sont à l’échelle de la commune (NUTS5, selon la classification européenne).
Après la première phase d’élaboration en 2005, il s’agit aujourd’hui de mettre à disposition une plateforme commune de lecture simple et efficace concernant les forêts de montagne. Les applications possibles sont nombreuses et diverses. La première est une visualisation comparative et synthétique permettant de mettre l’accent sur les caractéristiques propres, les difficultés permanentes et les atouts de ces forêts, et ceci à l’échelle municipale. La deuxième est la déclinaison chiffrée d’actions locales liées aux territoires de montagne, tels les contrats, les plans, les schémas d’ensemble. A titre d’exemple, le massif alpin français et italien qui a engagé une action dans un cadre de développement local et de coopération transfrontalière à long terme.
Cet outil d’évaluation européen représente avant tout pour chacun de nous la possibilité d’accéder pour la première fois à l’échelle communale à un système permettant d’appréhender, de débattre et de décider sur une base commune à la fois ancrée au local et liée à l’Europe.
 
Pier Carlo Zingari
 
 
Contacts : 
Courriel : eomf@eomf.org
Téléphone ++33 (0)4 79 33 49 52) 
Site Internet:  http://www.eomf.org
 
 
 
(1)   La résolution S4 a été votée par la conférence interministérielle : 31 pays et la commission européenne en sont signataires. En se fondant sur la richesse écologique des écosystèmes montagnards et de leurs spécificités, cette résolution prévoit de mobiliser en commun des moyens afin d'atteindre divers objectifs comme déterminer par unité géographique des facteurs environnementaux et sélectionner des actions à cette échelle, établir une cartographie écologique à l'échelle des vallées ou bassins, réaliser des banques de données nationales, améliorer l'appréhension des interactions entre cycles hydrologique, flore, sol et géologie, établir des schémas de financement complémentaire là où les revenus forestiers sont insuffisants à couvrir les coûts de la sylviculture.